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Guide de l'enseignant

Guide de l'enseignant

GESTION DE L’ECRITURE

Certaines élèves ont du mal à écrire droit, ils sont particulièrement instables sur le plan de la direction verticale du regard (balayage visuel de haut en bas et de bas en haut). En classe ils sont toujours rêveurs les yeux en l’air quand ils lisent ils ont du mal à se concentrer.

Surtout ils éprouvent des difficultés à écrire de façon rectiligne leur graphie ondule de part et d’autre de la ligne pour entrainer l’œil à se stabiliser verticalement (un peu comme un muscle qui s’agirait d’aguerrir) sont bienvenus tous les sports qui demandent d’élever le regard surtout avec un point de fixation précis en hauteur c’est pourquoi je demande aux enfants qui n’arrivent pas à écrire droit sur la ligne ou qui lisent en sautant sans arrêt d’une ligne à l’autre de jouer au badminton pendant les deux mois de vacances scolaires ou de faire du volley: ce sont en effet des disciplines sportives où le joueur doit se concentrer sur le volant ou le ballon qui aimantent irrésistiblement son regard vers le haut.

 

GESTION DE L'ATTENTION DES ETUDIANTS

L’une des principales causes de mauvais rendement académique est le manque d’attention en cours, surtout quand il s’agit de notions clés.

Beaucoup d’enseignants se plaignent du manque d’attention des étudiants. Pour comprendre, pourquoi ces étudiants « décrochent », voici quelques explications du fonctionnement de l’attention.

 Il existe 3 types d’attention que l’étudiant mobilise pendant un cours:

  • Attention maintenue : les sens sont maintenus un long moment à l’écoute et la vue de l’enseignant et de son support de cours or l’attention dans ces conditions ne peut pas être maintenue plus de 15 minutes d’affilée.
  • Attention divisée : plusieurs opérations doivent être effectuées en même temps pour que la réponse adaptée soit le résultat d’une prise en compte de tous les éléments de la situation telles qu’écouter le discours de l’enseignant, prendre des notes, lire les diapositives. Parfois les diapositives comprennent des phrases longues et un contenu différent de celui qu’énonce l’enseignant, cette confusion porte à un raccrochement de l’attention. A d’autres moments, c’est le bruit de la classe ou de l’environnement extérieur qui pousse à fournir un effort supplémentaire d’attention.
  • Attention sélective : qui consiste à focaliser son attention sur une partie des informations pour répondre de façon adéquate aux exigences de la situation. Cette attention consiste en cours à sélectionner parmi le discours oral ou les supports écrits les informations importantes à garder.

 

Nous allons nous appuyer sur ces 3 notions pour mettre en place des stratégies à appliquer avec les étudiants

 1- Dans chaque cours placer des moments qui vont permettre de maintenir l’attention : 

Au début de chaque cours,

Enoncer les objectifs pédagogiques ainsi que le contenu à acquérir en énonçant la durée de chaque sous section. 

Bien structurer son cours et le rendre le plus vivant possible en incluant des exemples et applications concrètes. Vous pouvez aussi diversifier votre pédagogie, parfois incluez la méthode applicative (vous leur donnez la règle et ils doivent vous donner des exemples d’application) et parfois vous incluez la méthode explicative (vous leur donnez des exemples et ils doivent induire la règle).

-Inclure systématiquement 10 à 15 minutes d’échange au milieu du cours où ils donnent leur propres réponses et partagent les informations et connaissances. 

 

Pendant les cours, il est judicieux de prévoir des supports auditifs et visuels. Seulement, nous nous conseillons de faire attention sur l'utilisation de ces moyens, certains étudiants mémorisent mieux un support écrit, d’autres privilégient un long discours et d’autres encore mémorisent les faits concrets et expériences réalisées.

Pensez à diversifier vos supports de formation. Quand vous n’avez pas le temps de préparer, faites de vos étudiants vos meilleurs alliés.

Donnez leur une notion et demandez leur de vous en faire une définition visuelle, auditive et par expérience.

Chaque étudiant mémorisera celle qui lui convient le mieux.

Jouez sur le ton de votre voix pour qu’elle soit la plus vivante possible et ne parlez pas plus de 10 minutes d’affilée. 

Quand vous sentez une fatigue sur le regard de vos étudiants :

-  Faites participer les étudiants ; vous pouvez pour cela commencer rituellement chaque cours en demandant à un étudiant de préparer le cours du cours et de l’expliquer à ses camarades, puis pendant le reste du cours vous complétez le reste des informations.

 

Vous pouvez demander à un autre de résumer les idées du cours du jour puis de demander aux autres de l’aider à trouver les autres idées, de cette manière, les étudiants sont plus susceptibles d’écouter leur camarade selon leurs propres objectifs personnels : afin de le critiquer ou de l’aider, et ainsi ils participent à leur propre acquisition de connaissance.

Par ailleurs, cette technique leur permet de travailler les compétences clés de la synthèse, expression orale, critique constructive et par ailleurs en énonçant à voix haute les informations clés ils les mémorisent inconsciemment. 

 

2- Réduire au maximum les éléments perturbateurs et favorisants une division de l’attention :

Quand un étudiant bouge ou parle beaucoup, faites le participer au cours ; s’il s’agit d’un groupe d’étudiant peut être est ce temps de créer un moment d’échange des connaissances

S’il y’a beaucoup de bruits dehors, demandez aux étudiants de lire les supports écrits ainsi ils focalisent leur attention.

Au moment de déployer une diapositive ou une notion clé, laissez le temps aux étudiants de tout lire avant de parler, ne mettez dans le support écrit que les idées importantes et les dessins et schémas explicatifs.

 

3- Favoriser au maximum l’attention sélective :

Faites le tri dans ce que vous dites des éléments importants, pour illustrer une information importante :

changez le ton de votre voix ou optez pour un positionnement dans la salle qui fasse ressortir cet élément. Vous pouvez être toujours assis pour refléter une information importante vous lever pour résumer à la fin de chaque cours tout ce qui a été dit puis appuyez sur les éléments importants.

pensez à expliquer aux étudiants l’utilisation concrète de chaque notion pour leur exament et dans leur vie professionnelle.

 

Coaching de Myriam pour mieux gérer sa classe

Myriam a consulté une coach afin de mieux gérer sa classe. Plus de la moitié de sa classe ne suit pas attentivement son cours et elle a des difficultés à se motiver pour enseigner à la seconde moitié de la classe.

La coach a invité Laura à énoncer les motifs qui dépendent d’elle uniquement et qui génèrent un décrochage de l’attention des étudiants. Myriam a énoncé le ton de la voix qui selon elle est trop aigu, beaucoup de nouvelles informations données en peu de temps, notions abstraites, peu d’interaction avec les étudiants.

La coach a mis sa casquette de consultante et a expliqué à Myriam le fonctionnement de l’attention, sa durée ainsi que les différentes types de stratégies d’attention visuelle, auditive et kinesthésique des étudiants. Puis elle lui a expliqué le fonctionnement de la mémoire et les paramètres favorisant une mémorisation efficace à long terme.

Puis Myriam a énoncé un objectif clair, réaliste et réalisable et limité dans le temps. Son objectif immédiat est de gérer sa classe de telle manière à transmettre efficacement durant chaque cours 3/4 des notions importantes de la session. Myriam a pensé aux solutions qui lui permettront d’atteindre cet objectif : 

1- Définir pour chaque cours 8 informations clés à transmettre qu’elle donne aux étudiants

2- Diviser la classe en deux groupes, chaque personne qui apportera des informations intéressantes et pertinentes fera gagner un point à son groupe. Les deux groupes se mettent d’accord sur le prix du groupe gagnant.

3- Créer pour chaque notion clé une interaction avec les étudiants où ils en devinent le sens et les implications puis elle donne sa définition de cette notion

4- Pour chaque notion clé, elle en apporte une explication visuelle à travers un schéma, explication orale et parfois une métaphore, elle la relie aux cours précédents et donne deux exemples concrets maximum.

5- Les étudiants apportent leur avis sur ce qui vient d’être expliqué et posent des questions 

6- Effectuer un test pendant 15 mn de chaque où elle change de ton de voix pour vérifier si un ton de voix jugé selon elle trop aigu affecte l’attention des étudiants.

Ces solutions peuvent paraitre faciles à trouver néanmoins elles font l’objet d’une longue réflexion, reformulation et précision avant d’être énoncées et mises en application.

Myriam a été invitée à mettre en application ses solutions lors de la prochaine session pour une seule classe et laisser la méthodologie inchangée pour les autres classes. L’attention de ses étudiants de cette classe pilote ont été plus attentifs, Myriam a pu généraliser l’utilisation de cette solution à toutes ses autres classes.

 

GESTION DE LA MEMORISATION DES ETUDIANTS

Coach depuis plusieurs années, j’ai constaté que beaucoup d’étudiants  pensent avoir des problèmes de mémoire : arrivés en examen, ils ne se souviennent plus des cours appris, mélangent les informations et doutent de leurs compétences. L’enseignant ne comprend pas quel est son rôle dans les mauvaises notes des étudiants puisqu’il leur a transmis toutes les connaissances nécessaires à leur réussite. 

Voici quelques questions qui vous permettront de mieux cerner les difficultés de vos étudiants et d’y remédier :

Pendant le cours, de quelle manière distinguez-vous les informations clés des détails ?

L’attention d’un étudiant baisse au fur et à mesure du temps d’une classe, surtout quand le support d’apprentissage est le même : la voix de l’enseignant, le tableau ou le support PowerPoint. Il est important de distinguer nettement un discours comprenant des informations clés d’une explication. Pour cela, utilisez votre voix, votre positionnement dans la salle. 

Créez un silence plus long puis donnez l’information clé, ou positionnez vous à un endroit spécial de la salle pour délivrer votre message. 

Combien de fois répétez-vous la même information ?

Il est important de réviser les notions précédentes minimum 4 à 5 fois avant l’examen pour en favoriser la mémorisation efficace. Pour cela privilégiez au début de chaque cours 10 minutes de révision cahier fermé (condition sine qua none) autour du cours précédents où les étudiants reformulent avec leurs propres mots les notions importantes du cours précédent, puis les mettent en relation avec le cours du jour ou des notions précédemment acquises. L’important est de les laisser se tromper et se corriger les uns les autres car l’apprentissage se fait à partir de l’erreur. Procédez de la même manière en fin de cours où vous leur demandez de vous dire cahier fermé les informations clés apprises pendant le cours. Privilégier tous les 5 cours une session d’une demi-heure de revision commune des cours précédents. 

Pensez que plus les étudiants interagissent entre eux, se trompent et se corrigent, plus l’acte de mémorisation s’accomplit. Attention ces sessions de revision doivent se dérouler dans la bienveillance et apprentissage commun.

Diversifiez-vous votre méthode de transmission aux préférences d’apprentissage de vos étudiants ?

Certains étudiants sont sensibles aux longues phrases et explications orales et d’autres à une explication synthétique écrite sur un support écrit. Une autre catégorie préfère le ressenti, les exemples concrets et la prise de note. Multipliez les canaux de transmission, utilisez des définitions, des exemples, schémas et surtout faites interagir les étudiants pour qu’ils s’expliquent les uns les autres les notions non assimilées.

Plus vous répétez les mêmes notions en multipliant les canaux de transmission, plus les mêmes notions sont répétées à une fréquence élevée plus vous évitez les problèmes de trou noir, plus vous faites interagir les étudiants pour qu’ils révisent ensemble, plus vous évitez les erreurs de mélange de terminologies et de mauvais codage des informations.

 

Quand vous finissez le cours, posez des questions aux étudiants en utilisant le modèle suivant :

Tenez pour mieux se préparer à cet apprentissage de la leçon, nous allons tout de suite jouer le jeu. Prenez vos livres à la page de la leçon que je vous demande d’apprendre. Bon ça y est je pose une première question à Sofia, répondez en lisant dans votre livre. Bien voici une deuxième question qui enchaîne… à vous encore, Sofia que dit le livre ? Je sors du sujet pour poser une question qui concerne moins l’objet de la leçon qu’une réflexion sur celle-ci. Ça y est lisez la page pour que vous découvriez ce que vous pourriez répondre. Vous avez trouvé bon demain, je vous poserai exactement les mêmes questions.

 

Coaching de Youssef pour animer efficacement ses cours

Youssef a contacté un coach pour animer plus efficacement ses cours, Ses étudiants écoutent son cours avec attention, néanmoins les examens faisaient ressortir une mauvaise assimilation des notions clés : parfois les étudiants orthographiaient mal certains termes, d’autres mélangeaient certaines notions.

Le coaching consiste à traiter un objectif ou un problème à la fois. Une fois celui-ci résolu, la personne peut s’attaquer au deuxième objectif. Le coach a invité Youssef à définir un seul objectif et  qui doit être SMART. Sylvain a choisi de travailler d’abord sur l’objectif de favoriser la transmission adéquate du cours

Un objectif SMART est intelligent, il comprend les indicateurs suivants qui permettent de mesurer sa réalisation et son état d’avancement. 

Spécifique et ne dépendre que de la personne et des éléments dont il a la maîtrise.

Mesurable par des indicateurs chiffrés reconnus.

Accepté et acceptable par la personne.

Réaliste ou Réalisable il ne repose que sur la motivation du coaché et doit être réajusté si le contexte change.

Temporellement défini  Il doit être inscrit dans le Temps, avec une date de fin et éventuellement des points intermédiaires.

 

Youssef a pensé à l’objectif suivant : je veux que mes étudiants puissent retenir la plupart des notions que je leur enseigne, or cet objectif tel qu’il est défini n’est pas mesurable ni temporellement défini ni spécifique puisqu’il ne maitrise pas que les étudiants mémorisent ce qu’il dit, il maitrise qu’il transmet des connaissances.

Youssef a retravaillé les indicateurs de son objectif et défini l’objectif suivant : je veux transmettre efficacement 8 notions importantes par cours à mes étudiants et m’assurer qu’elles ont été parfaitement comprises et mémorisées tout en faisant participer activement mes étudiants.

Youssef a commencé à penser ses solutions :

  1. Enoncer les notions clés à apprendre, puis pour chaque notion je vais choisir si je donne d’abord des exemples puis les étudiants doivent trouver la définition de la notion ou si je choisis de donner la définition de la notion et les étudiants choisissent de me donner d’autres définitions possibles ou des exemples concrets
  2. Enoncer à la fin de chaque cours les notions clés à apprendre le cours suivant, et un groupe d’étudiant va faire des recherches pour chaque notion puis la présenter aux autres
  3. Je vais donner les notions apprises ainsi que leurs définitions incluant les fausses définitions données pendant les examens puis les étudiants doivent corriger leurs connaissances.
  4. Je demande aux étudiants de se mettre en deux groupes, puis de créer des questions d’examen possibles pour chaque notion et de demander au groupe adverse d’y répondre.
  5. Je demande aux étudiants de m’apporter différentes définitions de la même notion. Ces définitions peuvent être par un mot, une longue phrase, une image etc.

Youssef a petit à petit commencé à mettre en application ses méthodes pédagogiques et a constaté une baisse des erreurs de définitions des copies d’examens.

 

Comment proposer un cours efficace à mes étudiants ?

Beaucoup d'enseignants universitaires sont issus du milieu de l'entreprise et tout comme beaucoup de leurs collègues n'ayant pas eu une formation pédagogique, ils se savent pas comment gérer le contenu des formations ni la manière de transmettre.

Voici 4 conseils qui vous aideront à être pertinent et percutant :

1 Établissez pour chaque session de cours les 7 connaissances clés que vous voudriez que les étudiants assimilent . Puis pour chaque notion, connectez la aux cours précédents ou cours d'autres manières, rajoutez y des exemples pratiques, ludiques et liés à la vie quotidienne des étudiants,

 2 Et surtout faites participer vos étudiants : demandez leur de faire des recherches sur internet concernant le futur cours, puis en début de cours demandez leur ce que leur évoquent certains mots et notez toutes les idées au tableau, vous pouvez également demander à un étudiant volontaire de faire un mini exposé de 3 à 5 mn à ses camarades de ce qu'il a collecté puis toutes les 20mn faites un rappel de ce qui a été dit jusque là.

3 Essayez d’aborder le cours d’une manière simple, précise, concise et humble. En effet certains étudiants ressentent que certains professeurs universitaires optent pour un langage compliqué lors de leurs cours afin de leur montrer qu'ils ont la connaissance et d'établir une hiérarchie de supériorité 'ai la science infuse tu ne sais rien »

 4 Soyez précis sur le résultat que vous désirez avoir : par exemple, au lieu de leur demander de faire des exposés dès leur arrivée, pensez à les introduire à la réussite d'un exposé. Donnez leur des exemples d’exposés réussis et d’autres ratés, et demandez leurs, leurs avis sur les deux types d’exposés, puis commentez vos attentes exactes.

 

Comprendre les difficultés des élèves en mathématiques

Je me suis beaucoup interrogée sur l'origine des difficultés des élèves en mathématiques et je suis en train d'accumuler le maximum d'informations pour comprendre l'origine de ces difficultés.

J'ai interrogé quelques élèves sur leurs difficultés et voici leur témoignage

Tous trouvent que les maths sont importants pour réaliser ce qu'ils projettent de faire: un futur métier, être admis à une école mais beaucoup ont peur des maths, sont angoissés par les maths. Pourquoi?

 

J’en ai sorti des difficultés précises:

- élève qui sait appliquer un cours et pas l'expliquer

- élève qui sait expliquer un cours et pas l'appliquer

- élève qui voit le concret et ne s'intéresse pas aux données abstraites

- élève qui voit les données abstraites et pas les données concrètes

- élève qui vérifie / élève qui ne vérifie pas

- élève qui voit globalement de préférence/voit les détails de préférence

- élève qui rejette tout projet qui le sort de la sensation du moment présent: je n'apprends pas parce que ca concerne demain

- élève qui n'évoque pas : il lit son cours mais ne prend pas le temps de quitter le cours des yeux et se réciter ce qu'il sait

- élève qui a des difficultés à se donner une stratégie pour résoudre un problème mais plutôt a l'habitude de se lancer successivement dans toutes les directions sans aller au bout d'aucune

- élève qui refuse les problèmes: devant un énoncé, il est prêt à vous expliquer pourquoi cet énoncé devrait être modifié

- élève qui croit qu'il est noble de comprendre et dévalorisé d'apprendre

- élève qui ne fait pas des liens entre l'algèbre et la géométrie

- élève qui a des difficultés à faire des démonstrations et raisonnements

 

Témoignages des élèves sur leurs difficultés en maths et de leur nouvelle façon de percevoir cette matière

Etienne

En mathématiques j'ai très souvent l'impression d'avoir "compris" mais je ne peux pas expliquer.

 

Marie

Quand je dois résoudre un problème, je parle tout le temps et jette les chiffres dans tous les sens sur le papier. Je ne connais pas mes tables de multiplication. Je donne du sens à partir de quelques éléments sans vérifier ensuite. Je me répète l'énoncé dans ma tête, les mots me restent en tête, les images sont floues et enchainées. Je n'aime pas tout ce qui est concret, j'aime les idées générales et pas les faits précis ni les nombres. Je n'aime pas mémoriser, je n'aime pas penser au futur je préfère vivre dans le présent, je n'aime rien organiser. Je ne comprends pas pourquoi il faut travailler aujourd'hui pour demain. J’attends le déclic, moment magique qui va transformer l'échec en réussite. Mais pour cela il faudra que je commence à me projeter dans le futur.je sais maintenant que je suis seul responsable de mon apprentissage et que ce ne sont pas les autres, mais moi même qui peux faire les gestes pour me permettront d'apprendre.

 

Sandra

J’ai besoin de savoir d'où viennent les choses. Je voudrais "comprendre", pourtant je pense que 1/3 est la moitié de1/2 je ne sais pas faire le moindre calcul ne connais aucune table car les mathématiques me font peur. Voila comment je me sens en mathématiques: j'ai l'impression de n'avoir aucun contrôle, j'agis pratiquement au hasard. Face à un problème, je fais des opérations mais je ne suis capable de n’en justifier aucune. Ce sentiment d'impuissance me submerge, mais je le ressens dans bien d'autres domaines que les mathématiques.

'En mathématiques j'agis sans savoir pourquoi, pourtant je ne monterai pas dans un hélicoptère piloté par quelqu'un qui ne saurait pas ce qui se produit quand il tourne une manette. " Maintenant j'ai pris conscience que les mathématiques sont justement un domaine où je peux tout contrôler. Chaque fois que j'écris quelque chose je peux le faire en sachant pourquoi. Chaque signe, chaque règle a sa raison d'être. J’ai besoin d'un univers structuré et cohérent, ce que les mathématiques peuvent m'offrir. Si les mathématiques me sont présentées par le prof comme un ensemble cohérent dans lequel les liens sont toujours explicités plutôt que comme un ensemble de règles arbitraires à suivre. Les mathématiques sont une construction cohérente à laquelle je participe maintenant et je ne les perçois plus comme un ensemble fermé de théorèmes et de règles.

 

Je suis en train de repartir à zéro avec un professeur qui m'explique l'addition, les nombres, les liens logiques entre les nombres.

 

Carinne

Depuis des années je n'arrivais pas à travailler en maths, « bloquée » était le qualificatif employé pour designer ma situation. En classe de 3ème la conseillère d’orientation insiste sur la nécessité d’obtenir de bons résultats en maths.

J'ai alors demandé alors un accompagnement pour me motiver dans cette discipline. Ma représentation des maths était noire «pour moi c’est l’horreur, je n’ai pas le raisonnement qu’il faut pour les maths ». Mon père qui m’aide régulièrement dans ce domaine dit que je refuse d’apprendre et l’exprime par des pleurs et des colères. En un mois lorsque j'ai pu reconnaitre ma fausse représentation des maths (l’horreur) et ma croyance limitante (mon manque de logique) j'ai entrepris d’y progresser. J’ai pu en maths quitter la spirale de l’échec pour entrer dans un cercle de réussite par le ressort du progrès, càd m’autoriser à réussir à terme pour construire mon projet

 

Cécile

Pour moi l'école est un lieu d'ennui et je vous dis dès le départ que je ne réussis pas du tout en mathématiques. En mathématiques je ne me fais pas d'images, d'ailleurs il n'y a rien à imaginer. Je ne me dis rien non plus puisqu'il n'y a que des règles à appliquer. Pour moi les mathématiques sont le domaine de la règle rigide à suivre alors que je ne me sens vivre mentalement que dans l'imaginaire.

Dès que quelque chose m'ennuie, je m'évade dans les mots et les images et je me plonge dans un monde plus riche pour moi que les "règles mathématiques". Je pense donc que je commence à m'empêcher de rêver, de jouer.

Maintenant je comprends que les maths est un domaine où il est possible d'expliquer, d'interpréter, d'imaginer des représentations. Je viens d'apprendre à interpréter des schémas et à faire les liens entre les expressions algébriques et numériques. Je me suis approprié mes leçons de maths: à chaque nouvelle leçon je me dis "comment est ce que je vais pouvoir traduire ca? Par quel dessin, quelle image, quelle association?

Je dis apprendre ce que je comprends et j'ai trouvé le moyen, en mathématiques j'apprends ce que j'ai moi même formulé, "ma création"

 

Samuel

Je ne m'intéresse qu'à ce qui m'est utile, ce qui n'est pas le cas pour les maths : de l'algèbre et des nombres négatifs; je n'en retiens rien. Je suis capable de démonter et de remonter rapidement mon moteur de moto et je vois facilement toutes les pièces. ca je sais à quoi ca sert, par contre les fractions je ne vois pas à quoi ca peut me servir mis à part préparer le bac

 

Fatima

J’ai une idée assez rigide des mathématiques: des règles à appliquer, c'est tout. Ces règles n'ont pour moi à peu près ni sens ni justification ni liaison avec quoi que ce soit de concret. Qu’il puisse y avoir une raison que chacun peut comprendre qui justifie ces règles me semble une idée farfelue. Je fais tous les calculs de façon mécanique. J’applique des formules. À la question comme "qu'est ce que PI ?" je pense qu'il ne peut y avoir d'autres réponses que 3,14. Il ne me semble pas que Pi représente le rapport entre la circonférence d'un cercle et son diamètre. Je suis par contre prêt à appliquer la formule C=pi*D (C représente la longueur de la circonférence, D le diamètre du cercle). Je ne fais pas non plus le lien entre la formule écrite sous cette forme et la phrase "pi représente le rapport entre la circonférence d'un cercle et de son diamètre" alors qu'il s'agit de deux façons différentes d'exprimer la même chose

J’ai expliqué au professeur à propos de ma passion pour le canoë, quand je fais du canoë j'ai conscience d'un travail mental très précis. Je regarde à une certaine distance en avant et évalue constamment l'allure des courants et des tourbillons. J’évalue l'angle du courant et des rochers et place en conséquence mon canoë. "Je vois très bien ce que je dois faire, je dois tout le temps prévoir la position du canoë par rapport au courant" et je décris avec beaucoup de détails le travail mental que j'effectue. En canoë je dois toujours anticiper à partir d'une réalité que j'aime, en mathématiques, il n'ya pas de réalité et il n'y a pas d'anticipation possible: il faut suivre des règles, des formules des consignes c'est tout.

C'est là où le professeur m'a expliqué qu'en mathématiques, on fait comme en canoë on anticipe: il faut savoir où l'on va, anticiper avant de faire un calcul. Les mathématiques partent aussi d'une réalité familière. mais il y'a un langage précis en mathématique qui permet de parler simplement de certains aspects trop compliqués de cette réalité

 

Ces élèves en prenant conscience de leurs habitudes mentales, avec un adulte non agressif, ils ont pu modifier leurs habitudes évocatives. Il n'a pas suffi qu'on leur explique leur façon de gérer leur vie mentale, il a fallu aussi qu'ils prennent conscience du lien direct entre certaines difficultés rencontrées et leurs habitudes mentales.

 

Chacun doit trouver une approche des mathématiques qui s'apparente à un apprentissage qu'il réussit bien dans un autre domaine. L'attitude de l'élève qui a pris conscience de l'analogie entre l'apprentissage du maniement du canoë, activité où il réussit et l'apprentissage des mathématiques où il échoue en est un exemple.

 

Ces témoignages sont des extraits adaptés du livre d’Alain Taurisson « gestion mentale et mathématiques » que je vous conseille vivement

  

Le témoignage d’enseignants ayant assuré du soutien scolaire gratuit et payant

Voici deux témoignages d’enseignants ayant assuré du soutien scolaire gratuit et payant ainsi vous vous positionnez vers les service qui vous ressemble.

Il s’agit d’un professeur affecté depuis plus de dix ans au même lycée. Il a construit un local en association avec un professeur d’anglais. Marié et père de trois filles, son salaire de 6000 DHS s (environ 540 euros) lui permet à peine de subsister

Portrait n°1 : « Payer donne de la valeur »

Il s’agit d’un professeur affecté depuis plus de dix ans au même lycée. Il a construit un local en association avec un professeur d’anglais. Marié et père de trois filles, son salaire de 6000 DHS  lui permet à peine de subsister à ses besoins quotidiens.

Pour des raisons religieuses, il n’a jamais recouru au crédit bancaire et a construit sa maison personnelle grâce à l’épargne et à l’argent perçu des différentes promotions. Les loisirs (cinéma, excursions, clubs, etc.) ne prennent pas une grande partie de son salaire vu la petite taille de la ville et l’absence d’’infrastructures. Malgré ces 20 heures de travail hebdomadaire, il a cherché à occuper son temps libre par des activités associatives et à donner des cours de soutien payants au sein des locaux d’une association,  proche du lycée, et dont, d’ailleurs, il est membre actif. Il considère ce travail supplémentaire comme étant une partie de son devoir de militant. Une sorte d’obligation morale qu’il est tenu d’honorer. Cependant, il ne voit aucun inconvénient à recevoir une contrepartie pécuniaire de la part des parents des élèves, soit une somme de 100 DHS   par mois qu’il considère comme symbolique mais nécessaire. « Cette  ‘ cotisation’ permet à l’association de continuer d’exister, au professeur d’être rétribué pour son effort et à l’élève d’être plus engagé et assidu au niveau de ses cours de soutien ». Pour lui, il s’agit d’un effort supplémentaire que le professeur fourni. Ce professeur raconte comment les cours de soutien gratuits qu’il a pu dispenser dans le passé  n’ont pas eu le même succès  que les cours payants : « Quand j’ai essayé de donner des heures de soutien gratuitement, la présence des élèves n’était pas régulière et le taux d’absence et de renouvellement des élèves était important au point où je n’ai pas pu assurer le suivi des différents niveaux ». En effet, la notion de gratuit est traduite parfois comme « sans valeur »  et ni le professeur, ni l’élève ne se sentent liés par un contrat quelconque. Les deux peuvent s’absenter quand ils le souhaitent . Le fait que les élèves soient plus assidus quand ils commencent à payer les cours de soutien renseigne sur l’établissement d’un contrat de type ‘échange marchand’ que les deux parties sont tenues de respecter (temps, contenu, assiduité, etc.). Il témoigne: « Au début, je n’ai pas voulu recevoir de contrepartie, mais d’après ma petite expérience, le paiement est bénéfique pour les deux côtés. Je reçois chaque début d’année une demande de la part d’un nombre important d’élèves qui ont un problème de langue, quand je vois que certains d’entre eux n’ont pas la volonté  d’apprendre , je les somme  de quitter la classe car l’essentiel pour moi n’est pas du tout l’argent ».

Portrait n° 2 : « Payer récompense les efforts et allège le budget domestique du professeur »

Il s’agit d’un jeune professeur de 32 ans, marié et père d’un enfant. Avec ses 8 ans d’expérience dans l’enseignement secondaire, il n’a que récemment recouru aux heures de soutien. Il avoue avoir été complètement déçu après son affectation dans la petite ville où il travaille. Ses attentes étaient largement supérieures aux réalités du métier. Vu son diplôme et sa formation, il s’attendait à un statut supérieur, à un salaire beaucoup plus élevé et à des conditions de travail plus favorables. Il avance que le nombre élevé d’élèves par classe, le manque d’équipements,  d’encouragements et surtout un salaire insuffisant limitent la productivité du professeur. C’est pourquoi selon lui,  un certain nombre de professeurs voient en les activités extrascolaires (formelles ou informelles), génératrices de revenus sous forme de cours de soutien payants, une nécessité pour accomplir les missions qui leur sont assignées et en même temps une occasion d’améliorer leurs niveaux de vie.

Il explique qu’il n’a jamais dispensé des heures supplémentaires au lycée public à titre gratuit : « Premièrement, personne ne m’oblige à les faire. Deuxièmement, si je les fais gratuitement, les élèves ne vont pas être réguliers et s’ils viendront, ils seront toujours nombreux et on aura le même problème. Troisièmement, moi aussi j’ai besoin de cet argent au moins pour récupérer les frais de la navette entre les deux villes ».